Une simple question de temps

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Pøupøu
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Une simple question de temps

Message non lu par Pøupøu » juin 5, '09, 18:46

Voila une nouvelle que j'ai fais cette année à l'occasion d'un concour pour le lycée pro :) bonne lecture

Laissons nous portez dans les flots de la bizarrerie, dans les méandres du pas clair, des trucs un peu louches, mais surtout de choses que l’homme ne peut expliquer, et qui lui font peur..

PS : L’auteur se dégage de toute responsabilité si après avoir lu cette nouvelle vous éprouvez une frénésie meurtrière, de suicide ou bien encore d’acheter des tas de montres.

C’était un jeudi soir, dans un endroit des plus sinistres, au cœur même de la frayeur, du lugubre et du macabre. Tout était extrêmement sombre, l’air si froid qu’il aurait fait pâlir un mort, la lune inexistante dans ce brouillard obscur. J’étais là, immobile perdu dans mes pensées les plus sombres. J’attendais dans ma voiture, un tantinet vétuste. Quelques jours auparavant j’avais reçu une invitation pour une soirée celtique. Ce qui m’intriguait se trouvait sur le rebord de l’enveloppe, la signature était d’un certain Isegorias …Etant un bon breton je savais que c’était le nom du roi des Korrigans. Et cela m’intriguait au plus haut point. Le roi des petits teigneux, ou l’abominable voleur de nom, m’indiquait l’horaire, vingt et une heures et quart, et le lieu qui se situait au bourg de Mespaul. C’était une des petites bourgades du Finistère que l’on passait en boucle sur les chaînes de télévision publique, pour nous faire passer pour des paysans, ce qui, dans le cas de Mespaul, était bien véridique. Mais pour me présenter et commencer cette histoire épique, je me nomme Aegwin, à cette époque là, je me dirigeais tranquillement sur mes 18 ans, et j’étais d’une humeur bipolaire, selon le temps qu’il faisait en bretagne.


Soudain un bruit sourd me fit sortir de ma torpeur. C’était le claquement d’une portière de voiture qui se situait de l’autre coté de la grande place. Un homme à la silhouette énorme sortait d’une banale 206. Il avait une démarche un rien ridicule, ce qui ne manqua pas de me faire rire discrètement. Ce curieux bonhomme attira mon attention, et puisque je n’avais pas eu de nouvelle de la petite fête celtique, autant m’occuper. Je décidais de le suivre. Silencieusement, je commençais à le filer. Sa démarche des plus grotesques me fit étouffer un deuxième rire, par chance il ne se retourna pas. Je continuais ma poursuite solitaire dans la pénombre, le froid engourdissant mes muscles. Il s’engagea dans une petite ruelle très obscure, les maisons s’alignaient sur toute la ruelle, qui n’en était pas une puisque que je n’en voyais pas le bout, à vue d’œil cette rue était d’une architecture moyenâgeuse. Perdu dans ma contemplation, je me rendis compte que l’étrange personnage avait disparu. Je fis une petite pause. Soufflant un bon coup, je décidai d’assouvir, alors ma curiosité et je poursuivais donc ma route dans cette rue. Mais cela n’était pas normal. J’avais un mauvais pressentiment. Je posais mes yeux dans les ténèbres de la nuit… Quand à ma plus grande surprise, ce n’était pas le ciel, mais une voûte de pierres. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas remarqué que je me trouvais dans un tunnel. Je ne comprenais que maintenant que la pénombre de la nuit était telle que l’on n’y voyait rien et qu’ainsi j’avais pu être dupé. Tout de même décidé à aller jusqu’au bout de ce tunnel, je continuais de marcher. Le temps semblait s’être arrêté, je traînais des pieds, la démarche lourde, lorsque j’aperçu une lumière au loin, l’envie de m’y échapper fulminait de moi, recouvrant des forces à l’idée de sortir de cet enfer ténébreux, je ne mis guère de temps à sortir de là pour de bon.



Enfin dehors je respirais à pleins poumons l’air d’une pureté inégalable. Peu après je réussis
à ouvrir les yeux. Ce que je vis me rendis euphorique, ce paysage était d’une beauté à époustoufler, à couper le souffle, à rendre rayonnant le plus grincheux des korrigans. Les plaines s’étalaient sur toute la surface que recouvraient mes yeux. Des fleurs très florales, un lac si pur que j’aurais pu me regarder dedans. Mais mon regard s’arrêta sur une immense bâtisse au beau milieu d’une montagne. En plissant les yeux je vis que c’était un château. Emporté par ma soudaine envie d’exploration, je me dirigeais tout droit en direction du château…Après quelques pauses, et beaucoup de temps, je parvenais à me rendre devant la forteresse. Elle était d’un banal des anciens temps, avec tout l’assortiment anachronique de destruction. C’était comme si j’étais revenu 8 siècles en arrières. J’eu un affreux, un horrible doute, mais rien encore ne me laissait croire cela … je pouvais traverser la douve sans aucun problème, même la herse était ouverte. Je traversais tellement vite les défenses du fort que je fis peur à 2 malheureux corbeaux, qui hélas n’était pas là par hasard. Lorsque j’arrivai au cœur même du fort. Je compris, que c’était réel, je le sentais, je le voyais, un hoquet de dégoût remonta de ma gorge….



Devant moi se dressait fièrement l’armée du roi Philippe le Bel, en pleine action de guerre. A la couleur des tuniques des assaillis, je n’eu aucun mal à reconnaître que les pauvres malheureux étaient des templiers, et qu’ils se faisaient exterminer. L’odeur était insupportable. La vue de tout ce sang, de toute cette violence gratuite, me rendait malade. Je voulu prendre mes jambes à mon coup, mais un sinistre chevalier à l’allure imposante, le teint pâle, la bedaine satisfaisante, la moustache broussailleuse, m’ordonna de m’arreter. Il me demanda de sa voix puissante qui j’étais. Je ne pris pas la peine de lui répondre, d’un bond puissant je me retournai et je m’enfuyais à une vitesse des plus surnaturelle, sans doute l’envie de ne pas me faire couper la tête. Hélas le sinistre bedonnant avait enfourché son étalon à la robe noir de jais, et c’est en deux pauvres minutes, qu’il me rattrapa et sans aucun mal me jeta à terre. Une demi douzaine de minutes plus tard, je fus ficelé comme un saucisson et expédié dans un cachot des plus insalubre. J’avais peur, faim, froid. Je ne savais pas combien de temps il s’était écoulé depuis que j’avais emprunter ce maudit tunnel…Une chose était sûre, j’étais au Moyen Age et mon téléphone portable ne captait pas le réseau… Comment était-ce possible que je me retrouve au Moyen Age ? En empruntant un simple tunnel ? Ce n’était pas normal du tout… J’étais née en 1991, et je me retrouvais en pleine décadence des templiers. Mais pourquoi ? A force de réfléchir sur ces questions sans réponses, j’eu mal à la tête, et je décidai de me reposer. Une éternité plus tard, la porte de ma geôle s’ouvrit, ce fut encore cet infâme personnage, il m’attrapa de ses énormes bras puissants, me traîna sur deux cent mètres, comme si je n’étais qu’un vulgaire sac de pommes de terre. Ayant eu une carence de lumière, j’eu beaucoup de mal à ouvrir les yeux. Il me balança sur le sol d’une pièce plutôt accueillante, le feu qui chauffait et faisait office de lumière, ronflait dans la cheminé. Malgré ma captivité je contemplais sur le mur des tableaux d’un art oublié. Je tournai enfin mes yeux vers le coin gauche de la salle. Les yeux moqueurs, l’air mauvais, l’allure fière, se tenait devant moi l’homme à la démarche chaloupée.





Quand il vit mon expression d’incompréhension. Il éclata d’un rire long et glacial. Je fus ébahi. Cet homme m’avait entraîné jusqu’ici pour me tendre un piège. Décidé à en savoir plus, je le bombardais de questions. Pourquoi étais-je la ? Comment ? Il avait le regard placide, silencieux, il m’évaluait. Puis après quelques minutes, il me répondit simplement que mon ancêtre était un des plus redoutables templiers qui ait existé sur terre. Les yeux rivés sur ses lèvres, j’absorbais chaque parole qu’il daignait me lâcher. Mon ancêtre n’était autre que le Duc Elinias, l’un des derniers templiers à avoir mené le combat contre le roi Philippe le Bel qui jalousait les Templiers au point de les avoirs fait exterminer. Il m’expliqua que mon cher ancêtre était absolument introuvable et qu’il comptait m’utiliser pour le faire sortir de sa cachette. J’appris aussi que le tunnel avait été créé par la Guilde des alchimistes et que mon ancêtre en connaissait l’existence, il serait donc obligé de le croire. Ce sinistre personnage, du nom de Boulvar de Goztell, avait emprunté lui aussi le tunnel dans le seul but de me capturer pour détruire à jamais l’ordre des templiers… Une fois les explications terminées, je fus reconduit brutalement à ma cellule. J’avais eu assez de choses pour m’occuper l’esprit pendant un bon moment. Les jours passèrent avec une lenteur horrible. J’étais mal traité, mais au moins je n’étais pas mort, du moins pas encore.


Je perdis totalement la notion du temps. Il s’était peux être écoulé 1 an. Je n’en avais aucune idée. Mes pensées étaient tournées vers différents moyens de m’échapper de cette geôle. Cela semblait impossible, il n’y avait aucun moyen de fuir. Jours et nuit, des gardes étaient postés devant mon cachot. Les jours passaient et se ressemblaient, c’était d’un ennui mortel. Je ne revis que deux fois Boulvar de Goztell. Il était particulièrement énervé, sans doute Elinias lui donnait-il du fil à retordre, cela me réjouissait. Il était venu pour me proposer un marché. Que je devienne un légat du pape comme lui, et que je l’aide à chasser mon ancêtre et ainsi détruire les Templiers à jamais. Il reçu pour réponse mon refus catégorique. Ce qui me value quelques coups de fouet. Je n’avais plus d’espoir. J’étais à bout de souffle. Je me rendais compte à quel point ma jeunesse était passée vite. Je ne voulais pas finir ma vie ici, mais ce n’était pas l’avis du chasseur de Templier. A l’heure du frugal repas, j’entendis un garde hurler de douleur de l’autre coté du couloir. Avec un espoir renouvelé je me redressais, essayant d’écouter à la porte. Tous mes sens étaient en alerte. J’entendais les coups d’épée qui s’abattaient sur les cottes de mailles. Les voix se rapprochaient de moi. Enfin un dernier cri résonna à travers la porte et plus rien. Mon cœur battait à une vitesse infernale. J’avais peur, je ne savais pas ce qu’il y avait derrière. La porte s’ouvrit. Je poussai un grand soupir de soulagement, des templiers, une bonne dizaine, ils se tenaient derrière la porte. Sans dire un mot, ils m’entraînèrent à l’extérieur de ma geôle. Peu après je me retrouvais dans la même pièce que le jour ou j’avais rencontré Boulvar de Goztell. Mais à sa place, se tenait un homme que je n’eu aucun mal à reconnaître. Il avait le même nez aquilin que moi, la même tête et surtout la même expression du visage. Ce templier était très impressionnant. C’était comme si un halo de puissance se dégageait de lui. Il prit la parole, et commença par s’excuser de tout le mal qu’il m’avait fait endurer. Sa voix était grave et profonde, et je l’écoutais avec beaucoup de respect. Il m’expliqua que l’infâme chasseur de templiers avait pris la fuite. L’inquisiteur était retourné auprès du roi Philippe le Bel. Pour finir, il me confia son intention de détruire le tunnel une fois que je serais de retour chez moi. Il m’invita à souper copieusement et me fit préparer un lit pour la nuit. Le lendemain, peu avant mon départ je fis mes au revoirs aux templiers. Elinias m’escorta jusqu'à la porte. Avant de partir, il m’avait dit ces mots « l’ombre et la lumière sont dans le ciel ». Perplexe, je pris le chemin du tunnel et ce fut mon dernier souvenir de ce périple.



Après avoir franchi le tunnel, je me réveillai sur un lit d’hôpital. Je ne m’étais pas souvenu de mon retour dans mon monde. J’étais dans un sale état, j’avais une jambe cassée. Mes parents m’expliquèrent que le soir ou j’avais été invité à la fête, j’avais eu un accident à Mespaul. On
m’avait retrouvé inconscient, étalé comme un mort sur les pavés de la place principale. Je savais ce qu’il s’était passé, mais mon retour avait été douloureux. Aujourd’hui j’arrive lentement sur la fin de ma vie, le déclin, la déroute, la naphtaline. Mais je me souviens encore de cette histoire comme si c’était aujourd’hui que j’empruntais le tunnel. Cette phrase qu’il m’avait dite. Tout était gravé à jamais dans ma mémoire. Etait-ce un rêve ? Une illusion, certes non et pourtant cela ne pouvait être vrai. Une dernière fois encore, je levais les yeux vers le ciel. Je repensai à ce qu’il m’avait dit, l’ombre et la lumière sont dans le ciel… Jamais je n’avais compris le sens de ces mots. Mais aujourd’hui, j’ai compris ces paroles, et je sais que la mort n’est qu’un simple obstacle à la lumière…

D’où venons nous et qui sommes nous ? Existe-t-il une frontière entre le réel et l’irréel ?
Quelle est la nature de l’univers, Quelle est sa place et la nôtre ?
Pourquoi voulons nous savoir des choses qui resteront inconnus à jamais ?
Le temps influe sur toute choses, qu’elle soit bonne ou mauvaise.
Mais au fond cela ne serait-il pas une simple question de temps, et alors ?
Merlin hurla « En terre d’Avalon, La magie sera sauvé, Un jour, fut-ce-t-il dans mille ans, je reviendrais, et je rendrais à la Bretagne sa vraie nature, Entendez mes paroles fils et filles d’Adam et D’Eve.» et il ferma Avalon pour toujours.

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